traction animale et mécanisation raisonnable ?

Reconnaissons le d’emblée : du point vue de l’écologique romantique, l’usage d’un moteur auxiliaire en traction animale n’est pas du plus bel effet. Encore moins peut-être que le tracteur ou la motofaucheuse.

Reconnaissons aussi que du point de vue productiviste, la petite ferme de Chanon et son ADN paysan, ont peu de chance d’être encensée par les apôtres du capitalisme.

A bien y réfléchir, on est un peu entre le marteau et l’enclume.

A la petite ferme de Chanon nous n’avons pas une approche dogmatique de la traction animale ni non plus, à l’inverse, de l’agriculture industrielle basée sur l’énergie fossile. Je veux dire par là que la traction animale n’est pas centrale, pas plus que l’approche économique de l’agriculture. La traction animale est un moyen parmi d’autres de parvenir à un résultat. L’intégration économique quant à elle nous est imposée par l’état … enfin, il semble que ce soit plus compliqué que cela depuis la mondialisation, mais c’est là un autre débat.

Un compromis nécessaire.

Nous sommes paysans. Ce mot un brin pompeux véhicule son lot d’idées préconçues ; chacun y attache une image différente : de l’enfant esclave des champs ou du rustre analphabète mourant à la cinquantaine, et jusqu’à son contraire : le tableau romantique d’une vie familiale bucolique …

Pour nous, la paysannerie, c’est un socle de valeurs. Elles seraient bien longues à exposer ici et surtout elle décourageraient nos lecteurs venus chercher ici des informations sur la traction animale et non s’ennuyer à la lecture d’un essai philosophique.

Si nous évoquons ici la paysannerie c’est parce qu’elle nous pousse vers une recherche de liberté et donc d’autonomie.

Autonomie n’est pas autarcie ! Ce n’est pas parce que nous aimons faire les choses nous même, que l’on peut (ou que l’on doit) se passer du travail des autres, de la communauté … comme pour tout à chacun, des pans entiers de nos vies sont conditionnés par l’interaction avec le travail de nos semblables : des produits industriels en passant par le système de santé … Sans parler de nos impôts qui sont eux aussi payés en monnaies sonnantes et trébuchantes (immatérielles maintenant) et non en peaux de lapins.

Nous vivons bel et bien dans ce monde économique.

Peut être dans un monde à venir nous aurons un système économique différent. Peut être qu’une calamité destructrice fera s’écrouler notre société … Sait-on jamais ! Mais pour l’heure, c’est un constat, nous vivons dans celui-là et il nous faut bien, c’est trivial, gagner des sous ;

Alors, plutôt que de stagner dans des non-débats bipolaires nous nous posons la question : où placer -maintenant- le curseur du degré d’autonomie ? Et surtout, pour aller dans quelle direction ?

L’usage de la traction animale au sein de la ferme et l’acceptation d’une part de motorisation (et de l’intrant énergétique qui va avec) est une partie de notre réponse à ces questions.

Mais en tout premier lieux, et c’est là que le bat blesse, c’est la limitation du besoin, la limitation de la consommation, qui tend à nous éloigner de la dépendance.

Une personne qui raisonnerait à charge « contre la traction animale » voulant la comparer directement au tracteur fera une conversion directe et simpliste entre la puissance d’un tracteur et la puissance d’un cheval puis l’extrapolerait, chiffres à l’appui, dans une présentation pseudo scientifique … Ce serait comme l’enfant qui veut faire rentrer un cube dans un trou rond manifestement trop petit. Sans surprise, et sans même calculs savants, cela ne fonctionne évidement pas !

Il va de soi que sans une baisse drastique de la consommation d’énergie, la traction animale, fusse-t-elle hybride, ne pourrait rester qu’un divertissement ou argument commercial.

Cette précieuse énergie, il convient de bien l’utiliser. Et en réalité c’est surtout cela dont il s’agit. Pratiquement, pour nous paysans, c’est une réflexion de fond qui doit être menée sur les types de production, de la proximité des terres, de race d’animaux, de la conduite des cultures, etc … Mais il a aussi, bien sûr, de multiples paramètres qui ne dépendent que peu de nous : comme la proximité de la clientèle et ses habitudes. Par exemple, il est toujours surprenant de voir un villageois s’évertuer à consommer des produits venant de plusieurs centaines de kilomètres alors qu’ils sont aussi produits sous son nez … tuant ainsi à petit feu l’économie locale de l’endroit où il vit.

Et la main d’œuvre dans tout cela ?

Une autre réflexion à charge que nous entendons beaucoup : Avant on utilisait la traction animale, et avant il y avait des forçats de la terre … alors si on utilise à nouveau les chevaux c’est le retour des forçats de la terre.

Avant, avant, avant … nous ne vivons pas plus dans le passé que nous ne vivons dans l’avenir et aujourd’hui les forçats sont toujours là. Sociétalement ils ne sont pas regardés ; donc ils ne sont pas vus, c’est tout ! Pudiquement, ou lâchement, l’œil de l’occidental ne s’y pose pas.

Ils sont dans les mines, les usines et les champs de l’autre bout du monde. Mais aussi ici même, en France comme dans les autres pays occidentaux, avec des jobs qui cassent les corps, qui asservissent ou qui abrutissent de stress.

Et quand bien même : c’est vraiment un mal moderne que de considérer négativement l’énergie humaine « productive » . Étonnamment, l’énergie humaine dépensée inutilement en salle de sport ou sur un terrain de foot, elle, est encensée … allez comprendre.

La notion de choix, de liberté, est centrale pour être heureux, paysan ou non. Je travaille personnellement beaucoup manuellement … et seul. Je l’ai choisi et j’en suis très heureux. Quelquefois, des membres de la famille ou des amis me donnent la main … mais nous sommes vraiment aux antipodes des travaux forcés évoqués précédemment.

Dans beaucoup de villages de France les souvenirs de jeunesse relatent encore l’usage de la traction animale ; c’était il y a moins de cinquante ans. Durant cet intervalle nous n’avons pas inventé que du mauvais tout de même, et justement la motorisation peut faire partie de la solution si elle est utilisée raisonnablement.

Une motorisation raisonnable et la traction animale ne sont pas à opposer. Ensemble elles sont une solution.

Mais alors qu’entendons nous par « raisonnable » ?

Ici, nous tentons d’exposer notre point de vue : https://lapetitefermedechanon.com/traction-animale-mecanisation-raisonnable/

Au bon local

Au bon local : le sens noble du mot “commerçant”, et c’est un paysan d’aujourd’hui qui le dit.

Il y a encore quelques années, à la petite ferme de Chanon, nous n’aurions jamais imaginé plébisciter une enseigne commerçante et encore moins en être “fournisseur”.

Aujourd’hui la donne change !

Au bon local est une épicerie animée par une véritable éthique, où “créer de l’échange local” prend réellement du sens. Ses fournisseurs ne sont pas de simples étiquettes mais des personnes qui sont vos voisins, des gens que vous pouvez rencontrer et voir travailler.

Au bon local nous permet de nous réapproprier notre mode de vie campagnard.

Longue vie à notre épicerie locale, et qu’elle fasse des émules !

Au bon local est au 6, rue de la Cueille à Lavans-lès-Saint-Claude

https://www.facebook.com/Aubonlocal/

Manger local, c’est possible ?

Nous y serons ce jeudi 13 ! Toska reste à la maison cette fois ci mais on aura plaisir à vous rencontrer et à raconter comment on travaille à la petite ferme de Chanon.

#MoiransEnMontagne| Manger local, c’est possible ?
Après l’animation « Des produits locaux et vous ? » organisée le 18 mai dans le cadre de la Fête de l’éco-tourisme à Moirans-en-Montagne où il était demandé au public d’identifier des producteurs locaux et de les localiser sur une carte, en collaboration avec la communauté de communes Jura Sud, le Centre permanent d’initiative à l’environnement (CPIE) du Haut-Jura organise « les rendez-vous du jeudi » sur la thématique : « Mangeons local et de saison, c’est tout bon ! ».
Trois rendez-vous en juin sont programmés les 6, 13 et 20 juin, de 18 h à 19 h 30 à la ludythèque (médiathèque Jura Sud, au 6, rue des Sports, à Moirans-en-Montagne). Une super occasion de découvrir nos producteurs locaux, d’échanger nos bons plans et bonnes adresses et de déguster des produits locaux. 😉
Accès libre et gratuit !
Pour toutes informations complémentaires : la Ludythèque de Moirans-en-Montagne : 03 84 42 08 84 ou ludytheque@jurasud.net

Sur quel pied dansons-nous ?

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Nous n’avons que peu l’illusion de faire changer les choses … autrement que par nos propres actes. L’écrire témoignera à nos enfants de la volonté dont nous avons fait preuve.

C’est aussi un appel à l’action, car aussi ténue qu’en soit l’issue, et aussi modeste que soient nos actes, nous luttons.

Nous avons fait le choix d’une direction de vie.

Nous éprouvons de la gêne à prononcer ou écrire ces mots qui décrivent cette direction tant ils sont ingrats, incomplets ou inadaptés : Nous ne croyons plus à l’idéal de société consumériste dans lequel nous avons été élevés. Il nous mène à notre perte. En conséquence, nous avons fait le choix de la simplicité volontaire. D’autres emploient les termes de décroissance ou encore de sobriété heureuse.

Cette philosophie de vie, cette valeur, a mûrie en nous au fil des années. Il a fallu que nous sortions de notre jeunesse pour oser le dire.

Maintenant, nous puisons notre énergie non pas dans un être mystique ou un sauveur autoritaire mais dans une réalité palpable et pleine de force : celle de la nature qui nous entoure.

Maintenant, ce choix, nous l’assumons malgré la bienséance économique. Nous ne baisserons plus les yeux.

Nous menons un combat, modeste certes, mais à notre mesure : celui de faire renaître une ferme dans le Jura sud. C’est notre terre d’adoption. Délaissée pour cause de faible productivité due à son climat et sa topologie, nous reprenons le travail là où il a été abandonné, quelques dizaines d’années en arrière.

Comme nous n’entrons pas dans les cases, on nous entrave plus que l’on nous aide.

Comme nous considérons l’endettement comme un asservissement nous repoussons l’usure bancaire.

Mais nous nous édifions malgré tout, jours après jours, avec pugnacité et détermination.

Nous faisons.

Nous faisons le travail que d’autres ont fait durant des milliers d’années avant nous et nous en tirons un grand bonheur.

Nous sommes Paysans.

Contes au Clair de l’une : un événement à la petite ferme de Chanon !

Ce 23 septembre à 20H :  « Contes au Clair de l’une »  D’Anne-Laure ARLOT

3 contes, pour certains très connus, revisités par une grand-mère pas si vieille que ça au parler franc. Entre la mamie gâteau et la mémé gouailleuse, elle n’épargne ni les héros de ses histoires, ni peut-être elle-même d’ailleurs, et vous emmène dans un univers rustique et féérique avec humour et chaleur.

Venez donc prendre le souper avec elle, elle ne résistera pas à vous conter ses histoires étonnantes… ses Contes au clair de l’Une !

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Un spectacle familial sur réservation au 06.51.81.84.22. Participation au chapeau.