Joli champ de blé

Cette année le blé se porte bien, pas de maladies, belle taille …

Pour faire une comparaison, je jeune fermier qui sert de référence derrière la touffe de blé fait plus de 1m90. Le blé doit faire au moins 1m60 par endroits.

A propos du champ de blé :

Appel à déserter – Remise des diplômes AgroParisTech 2022

Décidément, et contre toute attente, cette école va finir par nous plaire !

Nous avions déjà eu l’échantillon d’un vent de contestation avec le passage d’un stagiaire de cette école (salut Éloi 😉 ) il y a un an maintenant … mais avec cette vidéo que nous relayons, cela tient maintenant du vent de colère.

Même si nous n’aurions pas utilisé le mot « déserté », même si ça et là dans le discours nos avis seraient moins tranchés, il n’en demeure pas moins que cette jeunesse nous fascine et nous redonne espoir. Et ce, justement par ce qu’elle se bat pour défendre son droit à vivre vraiment.

Voici leur discours :

Les diplômé.es de 2022 sont aujourd’hui réuni.es une dernière fois après trois ou quatre années à AgroParisTech. Nous sommes plusieurs à ne pas vouloir faire mine d’être fières et méritantes d’obtenir ce diplôme à l’issue d’une formation qui pousse globalement à participer aux ravages sociaux et écologiques en cours.

Nous ne nous considérons pas comme les « Talents d’une planète soutenable ». Nous ne voyons pas les ravages écologiques et sociaux comme des « enjeux » ou des « défis » auxquels nous devrions trouver des « solutions » en tant qu’ingénieures. Nous ne croyons pas que nous avons besoin de « toutes les agricultures ». Nous voyons plutôt que l’agro-industrie mène une guerre au vivant et à la paysannerie partout sur terre. Nous ne voyons pas les sciences et techniques comme neutres et apolitiques. Nous pensons que l’innovation technologique ou les start-up ne sauveront rien d’autre que le capitalisme. Nous ne croyons ni au développement durable, ni à la croissance verte Ni à la « transition écologique », une expression qui sous-entend que la société pourra devenir soutenable sans qu’on se débarrasse de l’ordre social dominant.

AgroParisTech forme chaque année des centaines d’élèves à travailler pour l’industrie de diverses manières: Trafiquer en labo des plantes pour des multinationales qui asservissent toujours plus les agricultrices et les agriculteurs Concevoir des plats préparés et des chimiothérapies pour soigner ensuite les malades causées, Inventer des labels « bonne conscience » pour permettre aux cadres de se croire héroïques en mangeant mieux que les autres, Développer des énergies dites « vertes » qui permettent d’accélérer la numérisation de la société tout en polluant et en exploitant à l’autre bout du monde, Pondre des rapports RSE [Responsabilité Sociale et Environnementale] d’autant plus longs et délirants que les crimes qu’ils masquent sont scandaleux, Ou encore compter des grenouilles et des papillons pour que les bétonneurs puissent les faire disparaitre légalement, À nos yeux, ces jobs sont destructeurs et les choisir c’est nuire en servant les intérêts de quelques uns.

Si notre cursus à AgroParisTech nous a mis en avant ces débouchés, on ne nous a jamais parlé des diplômé.es qui considèrent que ces métiers font davantage partie des problèmes que des solutions et qui ont fait le choix de déserter.

Nous nous adressons à celles et ceux qui doutent,

A vous qui avez accepté un boulot parce qu' »il faut bien une première expérience », A vous dont les proches travaillent à perpétuer le système capitaliste, Et qui sentez le poids de leur regard sur vos choix professionnels,

A vous qui, assises derrière un bureau, regardons par la fenêtre en rêvant d’espace et de liberté, Vous qui prenez le TGV tous les week-ends, en quête d’un bien-être jamais trouvé,

A vous qui sentez un malaise monter sans pouvoir le nommer, Qui trouvez souvent que ce monde est fou, Qui avez envie de faire quelque chose mais ne savez pas trop quoi, Ou qui espérez changer les choses de l’intérieur et n’y croyez déjà plus vraiment,

Nous avons douté, et nous doutons parfois encore. Mais nous avons décidé de chercher d’autres voies, de refuser de servir ce système et de construire nos propres chemins.

Comment est-ce que ça a commencé ?

Nous avons rencontré des gens qui luttaient et nous les avons suivis sur leurs terrains de lutte. Ils nous ont fait voir l’envers des projets qu’on aurait pu mener en tant qu’ingénieur.e.s. Je pense à Cristiana et Emmanuel, qui voient le béton couler sur leurs terres du plateau de Saclay, Ou à ce trou desséché, compensation dérisoire à une mare pleine de tritons, Et à Nico, qui voit de sa tour d’immeuble les jardins populaires de son enfance rasé pour la construction d’un écoquartier.

Ici et là, nous avons rencontré des personnes qui expérimentent d’autres modes de vies, qui se réapproprient des savoirs et savoirs-faire pour ne plus dépendre du monopole d’industries polluantes, Des personnes qui comprennent leur territoire pour vivre avec lui sans l’épuiser, Qui luttent activement contre des projets nuisibles Qui pratiquent au quotidien une écologie populaire, décoloniale et féministe, Qui retrouvent le temps de vivre bien et de prendre soin les uns les unes des autres,

Toutes ces rencontres nous ont inspirées pour imaginer nos propres voies:

Je prépare une installation en apiculture dans le dauphiné. J’habite depuis deux ans à la ZAD de Notre Dame des Landes où je fais de l’agriculture collective et vivrière, entre autres choses J’ai rejoint le mouvement des Soulèvements de la terre pour lutter contre l’accaparement et la bétonisation des terres agricoles à travers la France. Je vis à la montagne où j’ai fait un boulot saisonnier et je me lance dans le dessin. Je m’installe en collectif dans le Tarn, sur une ferme Terres de Liens, avec 4 autres maraîchers, un céréalier et 3 brasseurs. Je m’engage contre le nucléaire. Je me forme aujourd’hui pour m’installer demain et travailler de mes mains.

Nous sommes persuadées que ces façons de vivre nous rendront plus heureuses, plus fortes, et plus épanouies. Nous voulons pouvoir nous regarder en face demain et soutenir le regard de nos enfants.

Vous avez peur de faire un pas de côté parce qu’il ne ferait pas bien sur votre CV? De vous éloigner de votre famille et de votre réseau? De vous priver de la reconnaissance que vous vaudrait une carrière d’ingé agro?

Mais quelle vie voulons-nous ? Un patron cynique, un salaire qui permet de prendre l’avion, un emprunt sur 30 ans pour un pavillon, tout juste 5 semaines par an pour souffler dans un gîte insolite, un SUV électrique, un fairphone et une carte de fidélité à la Biocoop ? Et puis.. un burn-out à quarante ans ?

Ne perdons pas notre temps! Et surtout ne laissons pas filer cette énergie qui bout quelque part en nous ! Désertons avant d’être coincés par des obligations financières N’attendons pas que nos mômes nous réclament des sous pour faire du shopping dans le métavers, parce que nous aurons manqué de temps pour les faire rêver à autre chose N’attendons pas d’être incapable d’autre chose qu’une pseudo-reconversion dans le même taf, mais repeint en vert. N’attendons pas le 12ème rapport du GIEC qui démontrera que les États et les multinationales n’ont jamais fait qu’aggraver les problèmes et qui placera ses derniers espoirs dans les révoltes populaires.

Vous pouvez bifurquer maintenant. Commencer une formation de paysan-boulanger, Partir pour quelques mois de wwoofing, Participer à un chantier dans une ZAD ou ailleurs, Rejoindre un week-end de lutte avec les Soulèvements de la Terre, S’investir dans un atelier de vélo participatif? Ca peut commencer comme ça.

A vous de trouver vos manières de bifurquer.

Passage à la conférence « Draft Animals » qui a eu lieu le 8 et 9 mai et organisée par l’ UNESCO WELTERBE KLOSTER LORSCH.

Avec un brin de retard, voici notre passage à la conférence « Draft Animals » qui a eu lieu le 8 et 9 mai et organisée par l’ UNESCO WELTERBE KLOSTER LORSCH.

Ce qui nous plait dans leur approche (et qui à justifié notre engagement) c’est que, bien qu’étant basé dans une structure éminemment historique, leur travail d’analyse et de consignation n’est ni sectaire ni romantique.

C’est un travail universitaire ouvert à tous, libre et gratuit. L’avantage est que, dégagé des considérations mercantiles, des guerres de clocher, des egos surdimensionnés ou encore du partage de parts de marché formation, le résultat est objectif et sans partis pris.

Ce travail sert de base de donnée technique, pour qui veut l’utiliser, d’alternatives agricoles ou paysannes.

Il se trouve que nous allons rempiler car nous nous sommes engagés à fournir un compte rendu de nos pratique de culture du blé … avec ses qualités et ses défauts. Des nouvelles à la fin de la saison prochaine donc (et oui, l’horloge paysanne est lente) !

Séance de papouilles au pré …

Tout les soir, vers six heures on rentre les veaux de nos vosgiennes. Quelquefois ils sont coquin et c’est le rodéo pour les attraper, quelquefois ils attendent près de la porte, et quelquefois, comme ce soir, ils sont d’humeur câline et il n’y a pas moyen de les lever. Alors bon, on s’assied à coté et on papouille …
D’ailleurs, j’en profite pour glisser que l’on recherche toujours 2 à 3 génisses prête ou jeune mère … gentilles et cornues !

Deux paysans, deux chevaux

Cet après midi : 40 minutes de passage de la herse canadienne en vue des semis. Une petite pluie serait bienvenue pour parfaire le travail.

Et en ce jour, un jalon qui me rend fier a été passé : Pour la première fois, le père et le fils bossent ensemble et chacun avec sa jument ! Il y a quand même des moments sympa dans la vie.

Labour de printemps au brabant à cheval

Voila la fin des labours de printemps : les 600 m² du dernier carré terminés !

Toska, comme d’habitude, à bien repris le rythme printanier et a à nouveau la rage d’atteindre le bout du rang.
C’est sa raison de vivre, sa mission divine de cheval; et oui pas moins ! Par ce qu’au bout du rang elle chipera une bonne touffe d’herbe bien grasse (ou une salade selon l’époque); et à la fin du taf elle aura droit à une botte de foin genre tisane de luxe millésimée; et même bientôt de l’herbe fraiche spécialement coupée à la faux par le patron, c’est dire si ça vaut le coup !

Donc, un labour. A 10/12cm -on appelle cela du déchaumage aujourd’hui- mais cela suffit pour les cultures qui vont venir derrière.
Pour ce faire on utilise une petite charrue Dalloz à un cheval fabriquée il y a bien longtemps.
La charrue n’est pas équipée de rasettes alors il reste un peu de vert sur la tranche. Ce n’est pas très grave, notre couvert végétal d’hiver, naturel et imposé (du mouron blanc), à été préalablement broyé et sera assez secoué pour ne pas nous gêner lors des repiquages.

Voila, les champs sont labourés, les prés sont hersés (enfin pas tous encore), maintenant c’est comme une toile vierge que l’on tend sur son cadre et qui attend son premier coup de pinceau.

Bientôt, la lumière du ciel va changer et tout va se réveiller, s’accélérer, s’emballer … prêts ?

les foins touchent à leur fin

Toska au boulot avec notre antique andaineur IH; un petit air rouillé mais il fonctionne encore comme au premier jour … du matériel agricole durable s’il en est.

Encore un hectare et les foins seront terminés. Ce sera grand temps car la moisson attend … qui elle mème sera suivie de près par le fauchage des regains; qui eux même seront suivi par les récoltes de légumes d’hiver et des pommes; qui elles mème seront suivi de … vivement l’hiver que l’on se repose !