1er prototype du Treuil à Cheval

Le travail sur le treuil a cheval a bien avancé grâce à Eloi Gautheron. Étudiant à l’école d’ingénieur AgroParis Tech il nous a prêté main forte durant un mois. Ce jeune homme motivé et capable à plus d’une corde à son arc : bien que suivant une formation agronomique ses connaissances en mécanique et sa capacité d’analyse nous on été très utile tout au long du développement et de la fabrication du treuil.

Avec la première réalisation vient les premières déconvenues … le système d’embrayage, basé sur un frein à tambour, s’avère incapable de supporter le couple. Il faudra trouver autre chose ! Pour permettre la poursuite de tests sur le terrain, une simple chaine fera le lien entre le timon et la bobine.

Les premiers tours de manège dans la cour sont cependant encourageants … vivement les tests avec la planteuse

Deux paysans, deux chevaux

Cet après midi : 40 minutes de passage de la herse canadienne en vue des semis. Une petite pluie serait bienvenue pour parfaire le travail.

Et en ce jour, un jalon qui me rend fier a été passé : Pour la première fois, le père et le fils bossent ensemble et chacun avec sa jument ! Il y a quand même des moments sympa dans la vie.

Essai de la planteuse à treuil à cheval

Début de la mise au point de la planteuse à pomme de terre pour le manège à cheval (TCM):

Pour commencer, en attendant que l’on place le manège définitif, on a testé avec un simple moufle. La réduction de vitesse n’est donc que d’un facteur 2.

L’incapacité de placer les pommes de terre et de diriger en même temps la machine montre que la division par 4 prévue sur le manège sera un bon rapport. Un autre rapport de 8 est prévu pour les travaux réclamant beaucoup de précision.

L’autre point positif est que les piquets plantés en bout de planche ne bougent pas d’un poil, c’est rassurant pour la suite du projet (Ils sont en acacia et enfoncés de 90cm).

Sur la vidéo suivante on est dans les pire conditions de travail : outre le fait que c’est les premiers mètres et que la planteuse n’est pas réglée, on est dans la fourrière de labour, ce qui a manqué de faire chavirer la machine 🙂 et dans une terre nouvellement labourée (ancienne prairie en bord de foret).

Il y a encore du travail pour arriver à un résultat acceptable mais c’est prometteur. La semaine prochaine : réalisation du manège.

planteuse a pomme de terre au mouffle

Labour de printemps au brabant à cheval

Voila la fin des labours de printemps : les 600 m² du dernier carré terminés !

Toska, comme d’habitude, à bien repris le rythme printanier et a à nouveau la rage d’atteindre le bout du rang.
C’est sa raison de vivre, sa mission divine de cheval; et oui pas moins ! Par ce qu’au bout du rang elle chipera une bonne touffe d’herbe bien grasse (ou une salade selon l’époque); et à la fin du taf elle aura droit à une botte de foin genre tisane de luxe millésimée; et même bientôt de l’herbe fraiche spécialement coupée à la faux par le patron, c’est dire si ça vaut le coup !

Donc, un labour. A 10/12cm -on appelle cela du déchaumage aujourd’hui- mais cela suffit pour les cultures qui vont venir derrière.
Pour ce faire on utilise une petite charrue Dalloz à un cheval fabriquée il y a bien longtemps.
La charrue n’est pas équipée de rasettes alors il reste un peu de vert sur la tranche. Ce n’est pas très grave, notre couvert végétal d’hiver, naturel et imposé (du mouron blanc), à été préalablement broyé et sera assez secoué pour ne pas nous gêner lors des repiquages.

Voila, les champs sont labourés, les prés sont hersés (enfin pas tous encore), maintenant c’est comme une toile vierge que l’on tend sur son cadre et qui attend son premier coup de pinceau.

Bientôt, la lumière du ciel va changer et tout va se réveiller, s’accélérer, s’emballer … prêts ?

houe maraîchère en planteuse à oignons

Terminé !

La houe maraîchère va pouvoir faire son galop d’essai à la plantation de bulbilles. Ce n’était plus tenable en les plaçant à la main dans le sillon. Là on sera debout et notre dos va nous dire merci 🙂

le projet de houe maraichère est détaillé ici : https://lapetitefermedechanon.com/houe-maraichere-hm1/

Le treuil à cheval pour le maraichage, une nouveauté ?

Cet article est rattaché à la page d’origine sur le treuil à cheval (ou treuil à manège) pour le maraichage : treuil a cheval pour le maraichage

Dans l’histoire

Fin 19eme

Dans l’histoire, les treuils à traction animale, ou manège à chevaux, ont été utilisé très largement et à de multiples taches comme par exemple les carrières ou les mines.

Sur le site de ruedeslumieres présentant un treuil à manège de la fin du 19ème :

carriere treuil chatillon
treuil chatillon

Début 20eme

Mais pour l’agriculture les traces sont moins facile à trouver. Ci dessous une copie d’un article du Larousse agricole de 1920 rapportant un usage au défonçage agricole :

« On emploie fréquemment pour exécuter les labours profonds et les défoncements de puissants treuils, dit treuils de défoncement. Au câble en fils d’acier, qui s’enroule sur le tambour généralement à axe vertical, est attachée une puissante charrue. Le treuil ainsi constitué est mû par des animaux attelés à l’extrémité des leviers du treuil.

Le rayon du tambour étant toujours petit par rapport à la longueur du levier, l’effort produit par les chevaux sera multiplié ; mais par contre, la charrue se déplacera lentement. Ce dispositif permet l’exécution d’améliorations foncières avec un petit nombre de bêtes. Ces treuils à manège sont soit fixes, soit mobiles.

Dans le premier cas, on les installe à demeure en un point du champ à travailler et on s’abstient de les déplacer tant que dure le défoncement du champ ou de la parcelle accessible à la charrue.

Dans le second cas, on dispose les treuils mobiles sur l’un des bords des champs et on les déplace après l’ouverture de chaque raie d’une quantité égale à la largeur de la bande travaillée à chaque passage. Les câbles en fils d’acier ont de 200 à 300 mètres de long et de 13 à 14 millimètres de diamètre .

Ces treuils portent un système de débrayage qui permet d’arrêter à volonté le déplacement de l’appareil de culture.« 

matériel de défoncement à deux treuils

Après la seconde guerre

Avec l’arrivée des moteurs légers et mobiles le cheval a été remplacé par le moteur thermique. Le treuil est encore utilisé de nos jour au travail de la terre là ou les machines ne peuvent aisément rouler : comme par exemple dans les vignes.

mototreuil plumett TR-84
charrue débutteuse
moto-treuil automoteur

Pourquoi pas de treuils à traction animale spécialisés au maraichage ?

Dans l’exemple du Larousse, la lenteur est qualifiée d’inconvénient. Dans notre usage c’est plutôt un avantage : notre cheval étant utilisé à de multiples taches, il a tendance à avoir une avance trop rapide pour des travaux comme la traction de planteuse ou de sarcleuse.

Techniquement le treuil à cheval semble nous apporter une réelle solution (démultiplication de la force et ralentissement de la vitesse de travail)

Mais alors, pourquoi ces treuils n’ont ils pas perduré dans les activités de maraichage ?

A notre avis, cela tient à la spécialisation des métiers et à l’usage massif de la main d’œuvre humaine bon marché … et bien sur la motorisation.

En tout premier lieux, il ne faut pas oublier qu’historiquement, pour la plupart des paysans, les opérations de désherbage, binage, sarclage étaient majoritairement manuelles par ce que meilleure marché : c’est les humains qui tenaient le manche et leurs dos qui dégustait. Il n’y a qu’a écouter le témoignage des anciens pour s’en convaincre.

Hormis pour les maraichers des couronnes citadines, spécialisés donc (et assez riche), le cheval n’était que peu utilisé à ces taches.

Les portes outils à parallélogramme permettant un sarclage plus précis semble d’ailleurs d’usage assez tardif (après 2nd guerre) et réclament de très bon meneurs et un cheval très lent.

Aujourd’hui

Aujourd’hui la donne a bien changée, la main d’œuvre est éminemment anti-économique.

L’alliance manège à cheval et maraichage est donc à envisager sur une base nouvelle ; j’espère que l’on en sera convaincu après quelques saisons d’usage.

Hersage de prairie au cheval

Le hersage de prairie, pour le cheval, c’est un peu le top départ de la saison !

Une sorte d’exercice de remise en forme en somme:)

On commence gentiment par 20 minutes tous les jours pendant quelques jours, puis 30, puis 40 … etc. Ensuite viendra s’ajouter quelques labours au cheval et les hersage des labours déjà effectués, doucement au début aussi, puis plus longtemps …

A la fin du programme de muscu’, la jument sera au top pour attaquer les foins, et nous aussi:)